Lecture - Les chants perdus de la nature, de Michel Leboeuf.

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Balbuzard890
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Balbuzard890


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MessageSujet: Lecture - Les chants perdus de la nature, de Michel Leboeuf.   Lecture - Les chants perdus de la nature, de Michel Leboeuf. Icon_minitime22/4/2024, 08:43

Bonjour !

11 avril 2024


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Les chants perdus de la nature. Bienvenue en Anthropophonie.

 De l’auteur Michel Leboeuf, aux éditions MultiMondes.


Nouvelle parution d’un livre sur l’étude des sons naturels en nature fait par le biologiste Michel Leboeuf, spécialiste en ornithologie, spécialement habile pour identifier les différentes sons des espèces qui peuplent nos forêts. Michel Leboeuf rédacteur en chef de la revue Nature-Sauvage pendant 10 ans, il a publié une quinzaine d’ouvrages qui lui ont notamment valu d’être deux fois lauréat du prix Hubert-Reeves, couronnant le meilleur livre de vulgarisation scientifique au Québec. Il a aussi été directeur général de la FCEL « Fiducie de Conservation des Écosystèmes de Lanaudière ».

En entrevue, il explique que c’est la technologie qui a permis à « l’écologie acoustique » de se développer au cours des dernières années. « La technologie nous permet maintenant de laisser des équipements pendant des semaines dans la forêt et d’enregistrer en continu. C’est une source de données incroyables », dit-il. On peut enregistrer des chauves-souris par exemple, dont les ultrasons nous sont inaudibles, et ensuite les reproduire en haussant le volume.

Dans le règne animal, le son est intimement lié à la survie. On décèle le chant des amours, associé à la reproduction, les « chants de guerre », ou de défense du territoire, et aussi les chants de contact, d’alarme et de détresse. Selon une théorie, les chants des espèces sont dispersés de façon que chacune puisse se faire entendre. « C’est une théorie qui roule depuis plusieurs décennies », dit-il. L’hypothèse viendrait de l’américain Bernie Krause, un musicien et enregistreur de paysages sonores détenteur d'un doctorat en bioacoustique à l'Union Institute & University de Cincinnati. Il est à l'origine des termes biophonie, géophonie et anthropophonie. Il a contribué à définir la théorie du concept d'écologie du paysage sonore.

« Je pense qu’il dit que toutes les espèces s’arrangent entre elles pour émettre des fréquences différentes, de façon qu’elles puissent faire passer leur message. »

C’est ainsi que des oiseaux émettant des fréquences plus graves, qui voyagent plus facilement, comme le bruant à gorge blanche ou la grive à dos olive, se tiennent au bas des arbres, tandis que ceux dont le chant est plus aigu, comme le bruant des champs ou le roitelet à couronne dorée, restent au sommet, profitant davantage de la portée du vent.



Préface du livre « Les chants perdus de la nature » rédigé par Raphaël Proulx. 

Cette ouvrage est une ode à l’écologie et à la beauté de notre planète. C’est aussi une prise de conscience. Car comme le mentionne l’auteur Michel Leboeuf : « Nous épuisons à vitesse grand V un capital vivant qui a mis 3 800 000 000 d’années à se construire ».

L’humain, homo sapiens, est avant tout un organisme visuel. Notre acuité visuelle est l’une des plus développées du monde
animal, derrière une poignée d’oiseaux prédateurs. Cependant, c’est la communication par le son qui nous a permis de transmettre nos connaissances, de les entreposer dans notre savoir culturel de bouche à oreille. Ce savoir s’est transmis oralement de génération en génération. L’humain moderne est un organisme résolument vocal.

À travers ce récit, l’auteur fait revivre notre monde en cinq mouvements symphoniques qui vont de la dernière grande glaciation, jusqu’à nos sociétés modernes. Imaginez-vous un organisme qui aurait vécu les 10 000 dernières années sans yeux pour voir, sans nez pour sentir, mais doté d’une ouïe prodigieuse. Que dirait-il de cette nature dynamique et vibrante ? Que penserait-il de nous, humains ? Que nous sommes résilients, créatifs et capables d’apporter le changement. Mais aussi rustres, surconsommateurs, et particulièrement bruyants !

On sent dans le récit de Michel Leboeuf sa passion pour la faune et la flore du Québec, leurs interactions avec l’environnement. On devine l’oreille attentive de l’ornithologue et l’humilité du biologiste devant le grand orchestre du vivant. 

L’universitaire en moi veut souligner la recherche documentaire approfondie derrière le propos, qui s’appuie sur les connaissances scientifiques les plus récentes. Le texte comprend plus de 170 références à des espèces animales et végétales. C’est ce que l’on appelle s’éduquer à la biodiversité.

Une partie de mes propres recherches en biologie de la conservation traite des paysages sonores. J’ai particulièrement apprécié a façon dont l’auteur invite les lecteurs et les lectrices à découvrir la diversité des modes de communication acoustique qui existent à travers « l’Arbre de Vie ». Du « Quaha ! » d’alarme de l’écureuil gris, en passant par le « CouWoo ! » coquin du tétras, jusqu’au « Clap ! » de la queue du castor à la surface de l’eau. Le chapitre sur le paysage sonore végétal est tout aussi fascinant, et je l’avoue, m’a fait réfléchir. J’ai été pris d’une envie irrésistible d’évaluer les capacités d’apprentissage de mes plantes, et bien sûr, d’écouter le chant des arbres.

L’écologie des paysages sonores est une discipline en ébullition. On s’étonne encore devant la diversité des sons émis sous
l’eau par les poissons ou devant l’ambiance acoustique qui règne dans le sol sous nos pieds. On découvre chaque jour un peu plus l’impact de tout le bruit généré par les activités humaines.

L’humain est un organisme résolument tapageur. Au détour d’un paragraphe, Michel Leboeuf mentionne l’homogénéisation de la nature comme un symptôme de notre appétit insatiable pour le capital nature. Lorsque 80 % du territoire est planté en monocultures de maïs et soya, c’est un problème.

Lorsque les seuls sons qui entrent par la fenêtre d’une résidence sont ceux du trafic routier, c’est un problème. Lorsque l’environnement acoustique de l’adolescent est dominé par des bruits d’armes à feu dans les jeux vidéo, c’est un problème.
 
Quand la diversité a pratiquement disparu, c’est un problème. Pourquoi ne pas rendre tous ces environnements ennuyeux un peu plus riches et intéressants ? Ce serait déjà un pas dans la bonne direction.

L’ouvrage est truffé d’exemples, ce qui le rend accessible aux non-initiés. Même si la trame est parfois pessimiste, l’auteur insiste sur les solutions. Elles sont connues. Nous pouvons les mettre en œuvre, ensemble. L’optimisme est plus que jamais nécessaire en matière de conservation de la nature. Trop de fois avons-nous vendu la nécessité de sauver la planète par la peur. La peur est un puissant moteur, pour autant qu’elle fasse… vraiment peur, sans quoi, les résultats se feront attendre. L’espèce humaine doit trouver son rôle sur la scène de la vie. Accepter sa place. Elle doit cesser d’être cette adolescente rebelle et gagner en maturité.

Soyons lucides, mais optimistes. 


- Raphaël Proulx, directeur du Centre de recherche sur les interactions bassins versants-écosystèmes aquatiques
Professeur en biologie de la conservation de l’université du Québec à Trois-Rivières.




Prélude de l’auteur Michel Leboeuf :


« Bien souvent, on ne s’intéresse à une chose que lorsque l’on est sur le point de la perdre. Avec l’âge, mon ouïe est de moins en moins fine, précise, fiable. J’entends de moins en moins les sons émis dans les fréquences élevées, tel le chant haut perché de certains passereaux parmi les plus colorés de la forêt comme les parulines et les roitelets.

J’ai longtemps écouté les oiseaux, non seulement par plaisir, mais aussi dans le cadre de mon travail, lors d’inventaires biologiques printaniers, alors qu’il fallait dénombrer les espèces, surtout à l’oreille, sur une superficie déterminée et pendant une durée précise. Avec le temps, perdant l’acuité dans les fréquences approchant la limite supérieure de l’audition humaine, soit 20 000 hertz (Hz), il m’a fallu avoir recours à un artifice technique pour continuer à réaliser de tels inventaires scientifiques, soit un enregistreur acoustique de haute qualité. De retour à la maison, je pouvais ainsi comparer mes notes manuscrites au fichier audio, casque d’écoute aux oreilles, le volume poussé au maximum.

Invariablement, je m’apercevais que plusieurs espèces forestières aux chants parmi les plus aigus, comme la paruline noir et blanc, le roitelet à couronne dorée ou le grimpereau brun, se manifestaient durant la période cible, sans que j’aie pu, sur place, m’en rendre compte ». 



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